mardi 22 novembre 2016

Raid Le Puy - Firminy 2016

Il existe beaucoup de Compte Rendu du Raid nocturne Le PUY-FIRMINY, notamment sur KIKOUROU. Voici le mien... J'ai essayé d'être un peu différent. C'est surtout que quand c'est bien il faut le dire, aussi, je me fends donc de ce CR.... Ce raid mérite vraiment qu'on s'y intéresse et qu'on y pose ses baskets.

Je vais le rattraper. Cela fait 5 km que je le vois à une centaine de mètres devant moi, depuis le point de contrôle de Beaux, à me dire que je vais fondre sur lui. Enfin, je vois surtout le halo de sa frontale. 31 km de parcourus depuis le départ, il en reste 37 à faire, et je ne parle pas du dénivelé, certes, pas énorme, il y a plus dur, mais suffisant pour rester prudent au vu de la distance. 68 KM pour 1600D+, autant en D-. Nous sommes en plein milieu de la nuit, sur le Raid Le Puy Firminy, à courir pour ne pas se faire rattraper par les premières lueurs du petit matin. Ce mec devant moi, la lueur de sa frontale, c’est le seul signe de vie dans cette nuit noire...

Ce Raid est complètement atypique, en complet décalage avec les courses, les raids, les ultras que l’on peut faire à notre époque. Pas de puce, pas de dossard, pas de chichis… c’est root, décoffré en 1968, ça n'a pas bougé, et franchement, on ne s'en plaindra pas. Sur ce raid, tu ne cours pas pour faire ton beau et épater la galerie, tu cours contre toi, pour aller chercher une performance qui n’appartient qu’à toi. Premier ou dernier, qu’importe, à chacun son niveau de  performance, ses motivations, l’effort est tout aussi beau, tout aussi louable, et sur cette course, tout le monde est un héro… Tu le sens quand tu passes la porte du CLCS à Firminy, à l’arrivée, ou tu entends des bravos et des applaudissements,. Sur cette course, on ne salut pas la performance du chrono, mais celles de l’effort et de l’accomplissement, et quand tu vois, après + de 10 heures de course, le visage de ceux qui franchissent la porte, tu mesures à quel point l’effort a été dur, que certain sont allés au bout d’eux même, que le mental a été fort et à quel point il y a plus méritant que toi.

Depuis le départ du Puy En Velay, nous avons enchaîné les segments bitumeux, les chemins de terre, et les passages en sous-bois très technique, notamment en descendant les gorges de la Semène. Ce Raid est un mix de toutes les surfaces. Ta frontale est ta meilleure amie, et si jusqu’au 20 premiers km tu ne cours pas seul, après, pas grand monde entre les ravitaillements… On est loin de la SaintéLyon, ces ravitos inaccessibles de Sainte Catherine et ses « bouchons »… Ce raid reste à taille humaine, avec 450 partants je crois.

Ici, ça court….Ici, tu peux envoyer et te faire plaisir. Et pour les ravitos, pas de bousculades… Des ravitos gargantuesques… Quelle opulence, choix, en solide comme en liquide et suffisamment bien espacés pour ne pas être obligé de trop se charger. Ravito d'ailleurs ou tu fais le pointage sur ton carton, celui là même qui atteste que tu es bien passé, sans tricher... Mais franchement, qui voudrait tricher sur cette course et dans quel but ?



Cette année le tracé Du raid Le Puy-Firminy a été revu, avec plus de chemins et moins de bitume. Notamment avec un passage assez technique juste après le village de Courenc, une descente dans un chemin avec des grosses ornières, bien glissant le chemin.

D'ailleurs une grande question. Quelle pompe choisir pour ce raid ? Et c'est une question que vous vous poserez obligatoirement si vous décidez de faire cette course. Clairement, soit vous prenez l'option pompe routes/chemins, soit l'option trail. Sachant que la différence se fait dans les gorges de la semaine, entre les Kms 60 et 65 environ, ou par exemple j'étais à la lutte (à 3 mn derrière) avec Aziz que je croisais à tous les ravitos, qui m'a proprement déposé sur les terrains techniques, ses Mizuno Kasan ont pris le dessus sur mes Asics Nimbus. Au final, il me mettra 20 mn sur la partie des gorges de la Semène, avant le dernier ravito de Lafayette. Mais qu'importe, je n'ai aucun regret, il n'y a pas que les pompes, je devais être aussi dans un creux de forme à ce moment là.

Bref, à vous de faire votre choix, il n'y en a pas de bons ou mauvais. Choix qui se fera en fonction de la météo évidemment...j'avais au cas où traîner mes Brooks Cascadia, qui sont restées sagement dans le sac reparti avec le bus... Maintenant, rien ne vous empêche de changer de paire de chaussures en route ;-) Si vous le pouvez, pourquoi pas.

Une mention spéciale à l'organisation pour le balisage. J'ai rarement vu mieux. Impossible de se perdre tellement le balisage est bien fait avec des panneaux "Le PUY FIRMINY" en abondance. Et les gyrophares des 4x4 de l'orga qui tournent sont rassurants. L'équipe est bien rodée, c'était cette année la 48ième édition.

Je vais le rattraper, au train et à la relance, mais ce n'est qu'anecdotique. Ma frontale éclaire de moins en moins, heureusement, j'ai passé la dernière difficulté. Ha tiens, ma frontale a pourtant encore un max de batterie, mais si elle est moins efficace, c'est à cause du petit jour qui commence à poindre et avec lui, la satisfaction d'avoir vaincu la nuit noire et cette solitude du coureur que j'aime tant, celle où tu es avec toi même, sans tricherie, sans te comparer à quiconque et sans jouer un rôle qui n'est pas le tien. Finalement, ce mec devant moi et le halo de sa frontale, auront été pendant une dizaine de km un signe que je ne suis pas le seul mordu de CAP. Ici, on est en famille, à l'image des gens du 43 et 42, simples et chaleureux.

Le chrono final m'aura bien fait rire... + 3 mn par rapport avec ma montre, avec la bénévole qui note ton nom, ton prénom, ton numéro d'inscription et ton chrono sur une feuille de papier avec des lignes tirées bien droites au stylo bille.... D'un autre temps cette course, loin de tout bling bling...

Bravo à tous les finishers, coureurs ou marcheurs, de cette belle course, magique, loin des aspects commerciaux, loin d'une image de performance seule, mais tellement humaine, tellement attachante. Je reviendrai...